Netflix n’arrive-t-il pas trop tard en France ?


Le 21 juillet 2014 | Par JRGoodtime dans Web 2.0 | 1 Commentaire


netflix_france

 La question peut sembler saugrenue mais outre l’aspect offre-tarifs-contenus se cache une vérité qui a presque détruit l’industrie de la musique : les gens n’ont pas l’habitude de payer pour accéder à leur contenus culturels numériques.

En effet, derrière toutes les grosses annonces de prix alléchants sur une plateforme qui, rappelons-le représente 20% du trafic en prime-time aux Etats-Unis, arrive bien tardivement en France. Pire ! Lorsque l’on voit que l’Etat français cherche à conserver son bout de gras en tentant par X ou Y bidouillages d’empêcher Netflix d’avoir un catalogue décent, on se demande s’il n’y a pas un vrai problème (mental à ce niveau) à notre gouvernement.

  • L’usage ! L’USAGE !!

Outre des prix très attractifs et une interface simple d’utilisation il y a une chose que tout le monde semble oublier (et pourtant Hadopi est là pour le rappeler). Le grand public n’a pas ou plus l’habitude de payer pour accéder à ses contenus vidéos en ligne. Le nombre incalculable de nouvelles séries et les décalages entre les diffusions US et Françaises ont créé de nouvelles (mauvaises ?) habitudes qui vont être difficiles à modifier.

Soyons honnête il est aujourd’hui plus simple de trouver et télécharger une série ou films en quelques secondes sur le net gratuitement que d’aller s’identifier sur une plateforme pour aller la voir en streaming. Que ce soit la fameuse génération Y, la X (les trentenaires) ou la W (les 40-50ans) qui se sont adaptés d’une façon ou d’une autre pour suivre leurs séries préférées.

  • Comment reconstruire après la guerre ?

Netflix arrive donc dans un environnement difficile où il faudra convaincre le grand public par 4 principaux arguments :

–          Une qualité de service irréprochable : Il semblerait que les investissements dans la tuyauterie soient à la hauteur des espérances

–          Un service abordable : là encore il semblerait logique que le modèle soit équivalent à ce qui a fait la renommée du service outre-atlantique

–          Une interface simple : à priori pas de souci à se faire de ce côté, le moteur de suggestions implémenté par rapport au profil de l’utilisateur fait des merveilles

–          Un contenu riche : c’est ici qu’est la grande inconnue et il est très amusant de voir quelles sont les réactions autour de moi

Exemple : « Oh c’est génial avec Netflix je pourrais donc regarder Game of Thrones et House of cards légalement »

Désolé mon tonton mais le premier fait parti du réseau HBO et n‘est pas diffusé par Netflix, il est diffusé en France par Orange OCS, quant au deuxième, oui… tu pourras annuler ton abonnement à Canal+

  • Tout ou rien !

Je le vois bien dans mon entourage, les gens ne veulent pas avoir 50 abonnements différents, ils veulent TOUT au même endroit. C’était le grand challenge des palteformes de streaming musical qui ont « réussi » à avoir des catalogues suffisamment grands pour que l’on n’ait besoin que d’un seul abonnement pour répondre à 95% de nos besoins.

Malheureusement sur le secteur télévisuel il y a beaucoup plus d’acteurs (de chaines qui produisent) et il va être difficile de faire plaisir à tout le monde. Dans ce contexte, je le vois, je l’entends… les gens ne choisiront qu’un seul abonnement, et ce sera probablement celui qui aura le plus beau catalogue (quantité et qualité des séries les plus attendues). Ajoutez à cela quelques exclusivités et beaucoup de nouveautés, il est fort à parier que OUI Netflix arrive à  « tout casser » en France : Canal+ est quasiment à l’agonie (entre ça et Bein Sport) et OCS n’a « que » Game of Thrones, il sera dur d’être compétitif… à moins que plusieurs acteurs français se réunissent mais là encore à quelles conditions ?


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  1. Ludovic dit :

    Un produit numérique peut être reproduit à l’infini pour un coût quasi-nulle, c’est ce que démontre l’envol du libre partage des films, de la musique et autres produits culturels numérisables.

    Dans ce conditions, se cramponner à un modèle économique fondé sur le coût, la rareté, la valeur ajoutée, etc. du produit est absurde. La rareté de la énième copie d’une chanson est nulle, son coût (l’électricité consommée par les ordinateurs entre lesquels elle a été copiée) négligeable, le savoir-faire mis en jeu se résume à quelques clics dans le logiciel torrent, et ainsi de suite. Il faut l’admettre : une copie numérique ne COÛTE rien et les consommateurs, fort logiquement, entendent bien la payer ce qu’elle vaut. Ils se foutent de savoir combien coûte la réalisation d’un épisode de GoT ; ils savent très bien ce qu’en vaut la énième copie.

    Dans les décennies à venir, l’impression 3D devrait devenir accessible au grand public et permettre de créer la plupart des objets de la vie courante. Là encore, le coût sera mineur voire négligeable suivant les solutions technologiques trouvées (électricité et “encre” de l’imprimante), le savoir-faire mobiliser inexistant (chercher sur internet et télécharger le programme qui guidera l’impression)… le concept de rareté, qui a déjà disparu pour tout ce qui est numérisé, disparaîtra également pour un grand nombre de produits physiques.

    Les réactionnaires intéressés peuvent freiner autant qu’ils veulent pour tenter d’imposer leurs modes de consommation à la population, ils se trompent : ce ne sont pas eux qui décident mais les consommateurs eux-mêmes. Ils peuvent être influencés mais pas contrôlés… les Français, toute génération confondue comme vous le soulignez, mais également tous les utilisateurs d’internet à haut débit, l’ont clairement dit : ils ne savent sans doute pas quel nouveau modèle socio-économique il faudrait imaginer pour coller aux implications du progrès technologique, mais l’ancien est clairement totalement dépassé.

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